Désormais, ma vie si parfaitement organisée ne sera plus la même! S'y préparer lorsqu'on vit en couple ne sert à rien. Aucune femme n'est à mon avis, jamais prête à pleurer la trahison de son mari, l'infidélité, jamais prête à souffrir. On parvient à s'y habituer à la longue mais il n'y a aucun entraînement au préalable pour voir si....
Depuis trois ans, il filait le parfait Amour avec "elle", je ne m'étais aperçue de rien. Mais, un matin, il craque
Mon conjoint depuis dix-huit ans et papa de mes enfants vient de m'annoncer la terrible nouvelle....
"Je suis désolé de te dire que j'ai dans ma vie, une autre femme"
"Et que je vais te quitter"
"une maitresse?" ai-je dit. Ce fût pour moi, la seule réponse possible.... qui, quelque part, me rassurait
"une femme!" a t-il dit! J'étais alors comme paralysée, aveuglée, endolorie, souffrant d'une hyperesthésie incroyable, innommable! Et la souffrance fait souffrir.
Tout allait changer. Tout se mêle en moi, dans ma tête, tout meurt d'un coup. Qu'entends-je?
Tout va si vite, à cent à l'heure, davantage même. Je ne comprends plus rien...
Puis, après quelques minutes de silence, je réfléchis et je comprends la tête dans mes mains, un peu mieux ce qu'il venait de se passer. Je redoute que cette routine, cette vie si prenante s'écarte pour quel genre de vie au juste? Je perdrais mes repères, lui, les enfants, son Amour, la vie familiale si envahissante, parfois que j'aie pu qualifier d'oppressante (je regrette aujourd'hui ce qualificatif avec le recul). J'oscille entre un certain sentiment de colère et d'orgueil (ce n'est pas possible, on ne va pas se quitter?) Une profonde tristesse m'envahit alors, j'explose en sanglots, je réalise ce qu'il m'a dit. Une indéfinissable crainte de l'avenir et une insoutenable nervosité s'emparent alors de mon corps tout entier... je tremble de peur. Vivre sans lui! Dois-je faire face, réagir, c'était trop tôt pour le dire...
Je me sens explosive, devenue dingue, dingue de lui plus que tout au monde désormais puisqu'il m'échappe! c'est encore pire! alors, je l'épie, vide ses poches le soir lorsqu'il rentre (tard) à la recherche du moindre indice, un ticket de carte bancaire qui pourrait me sous-entendre (soupçonneuse) qu'il l'a vue! mais, peu importe, de toute façon, "elle" existe, je le sais.
C'était pour moi une multitude de nuits qui s'annoncaient sans issue, même pas celle de dormir, je restais éveillée à ne songer qu'à lui, qui depuis, dormait sur le divan du séjour.... Que vont penser les autres, dans la rue, les inconnus, les connus, les voisins, les amis, nos amis,ma famille, sa famille, nos enfants....? un panneau "maison à vendre" sur le volet de la chambre de notre fils? pas envisageable!
Je lui écris alors une longue lettre puisqu'il ne me regarde plus, qu'il ne me parle plus!